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Césars. Vent de fronde dans le cinéma français

Jeudi, 13 Février, 2020

Une tribune proteste contre le fonctionnement de l’Académie des césars. Plus de 200 personnalités du septième art l’ont déjà signée.

Une tribune parue chez nos confrères du Monde suscite l’émoi dans le cinéma français. Signée hier par plus de 200 membres de l’Académie des césars (cinéastes, comédien·ne·s, producteur·trice·s, technicien·ne·s…), elle réclame un changement radical dans son mode de gouvernance avec davantage de parité et de transparence. Le fonctionnement de l’APC (l’Association de promotion du cinéma), qui « régit l’Académie et fixe les conditions d’entrée », suscite l’ire des contestataires. Y compris parmi ses 47 membres, désignés par cooptation ou membres de droit en tant que Français récompensés par un oscar… Elle n’accueille que 8 femmes dans ses rangs. « Il faut plus de transparence. À partir du moment où une cérémonie et un événement ont un caractère déterminant sur la vie d’un film, il doit y avoir une transparence absolue », tempête le cinéaste Pierre Salvadori, deux fois nommés l’an passé avec  En Liberté. « Plus il y a de la transparence, moins il y a de paranoïa. L’impact d’un césar est évident sur la suite de la carrière d’un film, sur sa distribution en VOD, sur sa diffusion à la télévision. Un film peut être sauvé par un césar. Ils doivent donc être représentés de manière égale à cause de cette deuxième vie. Il y a des comptes à rendre justement parce que l’argent rentre en ligne de compte », conclut le réalisateur des Apprentis.

Déjà l’annonce des 12 nominations de J’accuse avait provoqué une première vague de protestations dans les mouvements féministes, relayée par un lapsus de Florence Foresti, la maîtresse de cérémonie. Elle avait transformé le titre du film de Polanski en un « je suis accu… » avant de se reprendre in extremis. Le dîner des révélations a été le théâtre d’une nouvelle fronde après que Claire Denis et Virginie Despentes, marraines de deux nommés aux césars des meilleurs espoirs masculins, ont été recalées et interdites de participation à ce repas. Devant les protestations, Alain Terzian, président de l’Académie, s’est excusé sans fournir d’explication. Pour éteindre les différentes récriminations, il a bien proposé quelques aménagements, notamment l’entrée de centaines de femmes à l’Académie afin de parvenir à la parité. Mais le procédé choisi poursuit un modèle de cooptation qui ne convainc pas les signataires, qui désirent que les 4 680 membres de l’Académie aient enfin leur mot à dire.

Michaël Melinard
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