Avec la crise sanitaire, de nombreux secteurs économiques sont à l'arrêt. (Frédéric Maigrot/Réa)
Avec la crise sanitaire, de nombreux secteurs économiques sont à l'arrêt. (Frédéric Maigrot/Réa)
Jeudi, 26 Mars, 2020

Chute vertigineuse de l’activité économique française de 35 %, s’inquiète L’INSEE

D’après l’Institut national de la statistique, les mesures décidées par le gouvernement pour lutter contre le coronavirus entraînent une perte d’activité économique d’environ 35 %, soit une baisse de 3 points de PIB pour un mois de confinement.

Une chute d’activité de 35 %. L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) publie un premier bilan de santé de l’économie française. Ainsi, un mois de confinement ferait perdre 3 points de PIB annuel à l’économie tricolore, 6 points pour deux mois, et ainsi de suite. Une estimation « fragile » de l’effet des mesures de confinement, « susceptible d’être révisée », explique le directeur de l’Insee, Jean-Luc Tavernier, en préalable de l’étude. « Parce que nos méthodes, dans une telle situation, ne sont pas éprouvées : c’est inédit dans l’histoire de l’Insee. » Et aussi « parce que la situation elle-même est très évolutive ». Pour mesurer l’impact, les statisticiens ont eu recours à des données issues de remontées directes des entreprises et des fédérations professionnelles, mais aussi, de manière plus inédite, aux données de consommation d’énergie, d’utilisation des transports ferroviaires ou sur les transactions par carte bancaire. Ils ont ensuite comparé « le niveau d’activité de la semaine actuelle à celle que l’on aurait pu attendre d’une semaine « normale » sans coronavirus ».

Aucune estimation de la croissance en 2020

Les mesures de confinement frappent de « façon assez hétérogène » les différents secteurs. Ainsi, les activités agricoles « devraient se poursuivre un peu en deçà de la normale », tout comme les industries agroalimentaires. Les services non marchands (éducation, garde d’enfants, activités sportives) enregistreraient un manque d’activité de 14 %. À l’inverse de la construction, qui essuierait une perte massive de 89 %. Les services marchands, dont font partie les transports, l’hôtellerie ou la restauration, accuseraient une baisse d’activité d’environ 36 %. Et « seule la moitié de l’activité du reste de l’industrie serait maintenue » actuellement.

Même approximative, l’Insee estime que sa prévision « semble cohérente avec les premières informations disponibles sur la situation des salariés, dont un tiers serait en activité sur le lieu habituel de travail, un tiers en télétravail et le dernier tiers en chômage partiel », mais aussi avec la baisse de la consommation d’électricité (- 20 %). En revanche, comme tous les prévisionnistes, l’Insee se refuse à toute estimation de croissance en 2020. « Cela dépendra notamment de la durée de cette période de confinement, que nous n’avons aucune légitimité ni aucune compétence à prévoir », précise Jean-Luc Tavernier. Et d’ajouter que s’il peut y avoir « une reprise spontanée de la consommation », l’inconnue est du côté des entreprises et plus particulièrement de la « fluidité » de la chaîne de valeurs. Mais surtout des réponses qui sont apportées pour éviter les faillites d’entreprise pour sauver l’emploi. Et celles qui seront apportées au sortir de la crise.

Voir aussi notre article : « Le coronavirus fait peur et impacte le commerce en France »

Covid-19, confinement : le point sur la situation en direct sur l’Humanité.fr

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