Jeudi, 20 Février, 2020

« Grigny est à un moment charnière de son histoire »

Le maire PCF de Grigny, Philippe Rio, candidat à sa réélection, conduit une liste de rassemblement de la gauche. Au cœur de sa campagne, comme de son mandat, les services publics et les droits des plus fragiles.

Philippe Rio Maire PCF de Grigny (Essonne)

Cette ville est à un moment charnière de son histoire. Depuis longtemps, les élus communistes et républicains se mobilisaient pour faire reconnaître la faute originelle de l’État, qui ne nous a jamais consacré les moyens nécessaires, à l’origine des déséquilibres budgétaires. Pour la première fois, en quinze ans, nous avons voté un budget à l’équilibre. C’est un mandat important, Grigny peut envisager enfin un avenir, grâce à la mise en place de projets forts. Le développement de la géothermie a fait réaliser des économies de 176 euros par an et par logement. C’est du pouvoir d’achat en plus pour les habitants. Dans le même temps, ça représente une baisse de 16 000 tonnes d’émission de CO2.

La cité éducative permet de faire autrement de l’éducation et de l’école. Ce grand projet, créé en 2014, a été motivé par un constat terrible : 50 % des élèves grignois sortent du système scolaire sans diplôme ; 25 % d’une classe d’âge va jusqu’au bac, contre 80 % en France. C’est un aveu d’échec pour l’éducation nationale. Sur le temps périscolaire, la pratique sportive s’est développée : 500 enfants bénéficient désormais de l’académie des sports, dont plus de 50 % de filles. Grâce au « passeport 2024 », le prix de la licence sportive est passé de 180 euros à 37 euros pour les moins de 18 ans. Ainsi, 1 100 enfants supplémentaires ont pu s’inscrire au sport. C’est bon pour l’estime de soi, la confiance, l’apprentissage du respect des règles. C’est un acte éducatif.

En parallèle, notre école de musique cartonne : le nombre d’enfants inscrits au conservatoire de musique a doublé. La culture a un effet bénéfique, notamment sur l’apprentissage scolaire. Sur la rénovation urbaine, c’est un projet gigantesque : 90 % de la population sont concernés dans les quartiers de la Grande-Borne et de Grigny-2. Sur la Grande-Borne, ce projet de transformation court sur dix ans. La première étape a déjà été réussie : un transport en commun traverse ce quartier, nous l’avons déghettoïsé. Cerise sur le gâteau, nous avons fait revenir un centre de santé dans lequel exercent des médecins généralistes ou des dentistes.

Le droit à un logement digne est une priorité. Pour la première fois, l’ensemble des outils est à notre disposition pour en finir avec la copropriété dégradée sur le territoire de Grigny-2. Des financements vont permettre de lancer des travaux d’urgence au niveau des ascenseurs, mais également de faire des mises aux normes de sécurité incendie et électrique. Le tout, dans 5 000 logements et 107 bâtiments. En parallèle, notre combat contre les marchands de sommeil va se poursuivre. Ils se retrouvent chaque mois au tribunal, la ville se porte systématiquement partie civile.

Nos objectifs portent aussi sur la réouverture d’une surface alimentaire, le renforcement de la sécurité, le développement du centre de formation sur le volet linguistique, pour mieux maîtriser la langue française et faciliter l’insertion. L’un de mes objectifs, c’est de faire en sorte que les gens trouvent du travail, sans avoir honte de dire d’où ils viennent. Là, on aura gagné.

Entretien réalisé par L. R.
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