Mardi, 4 Février, 2020

Ils n’ont pas honte ! Blanquer fait payer le temps du deuil

Le respect du deuil n’est décidément pas le point fort du gouvernement Macron. Après avoir montré le peu de cas qu’il faisait des parents d’enfant décédé en refusant de leur octroyer quelques jours de congé supplémentaires, il a décidé de sanctionner les enseignants qui ont rendu hommage, le 3 octobre 2019, à leur collègue Christine Renon. Fin janvier, ceux qui avaient défilé ce jour-là en mémoire de la directrice d’une école de Pantin qui s’était suicidée le 23 septembre ont eu la mauvaise nouvelle de voir la journée décomptée de leur fiche de paye. « Les collègues ne digèrent pas ce geste. Leur sentiment, c’est qu’on ne les entend toujours pas. Que leur souffrance au travail continue de ne pas être reconnue », explique Marie-Hélène Plard, cosecrétaire du Snuipp-FSU en Seine-Saint-Denis. Dans une lettre envoyée lundi au ministre de l’Éducation nationale, la direction du ­syndicat rappelle qu’elle avait demandé que cette journée de grève ne soit pas ­décomptée. « Comment croire que l’amélioration des conditions de travail soit une préoccupation de votre ministère, quand le premier signe donné n’est pas celui de l’apaisement ? » interroge le Snuipp-FSU.

Une directrice d’école de la Seine-Saint-Denis, ancienne collègue de Christine Renon, ne cache pas sa lassitude : « On aurait pu espérer un peu de compassion, de solidarité, mais rien ne m’étonne, vu le mépris de notre ministre pour le monde enseignant. Je ne suis pas surprise qu’on n’ait pas eu de geste de la part d’un gouvernement, qui ne fait de cadeau à personne. » Autre source d’interrogation : pourquoi la journée d’octobre 2019 a-t-elle été enlevée de la fiche de paye de janvier 2020, soit avec trois mois de retard ? Au Snuipp, on n’a pas d’explication. Mais force est de constater que ce décalage complique la situation des enseignants grévistes, dont le salaire est déjà bien amputé par les journées de grève contre la réforme des retraites.

Camille Bauer
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