Mercredi, 26 Février, 2020

Jacques Maire en plein conflit d’intérêts

Le député LaREM, corapporteur de la réforme des retraites, a confirmé avoir des actions chez Axa.

Peut-on avoir des actions chez Axa et être en même temps corapporteur de la réforme des retraites ? Tel est le cas de Jacques Maire, député LaREM des Hauts-de-Seine, qui a fait partie des dirigeants du leader mondial de l’assurance privée entre 2002 à 2012. C’est écrit noir sur blanc dans sa déclaration à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) : le fils d’Edmond Maire, ancien secrétaire général de la CFDT, détient 13 836 parts chez Axa, pour un montant évalué à 358 935 euros. Un pactole qui lui a rapporté 7 355 euros de dividendes nets en 2017. Et ce alors qu’Axa pourrait être l’un des grands gagnants de la réforme des retraites. L’assureur a d’ailleurs diffusé des publicités dans lequel il évoque « la baisse programmée des futures pensions » avec la réforme, et invite les Français à se diriger vers les solutions proposées par ses soins. Jacques Maire est ainsi accusé d’être au cœur d’un conflit d’intérêts caractérisé.

« Vous allez tirer un bénéfice privé de cette réforme ! » lui a lancé la député FI Mathilde Panot pendant les débats sur les retraites, en plus de lui demander s’il avait alerté la déontologue de l’Assemblée sur le sujet. Pris à partie, le macroniste a d’abord éludé : « Je n’ai pas passé ma vie à courir les mandats électoraux. Je suis extrêmement fier d’avoir donné dix ans de ma vie à un des groupes français qui sont parmi les fleurons de la France à l’international. » Puis il a tenté de répondre sur le fond : « Tout ce qui me concerne est dans ma déclaration à la HATVP. Je n’ai absolument aucune information supplémentaire à livrer. »

Quelques jours plus tôt, le 21 février, l’entourage de Jacques Maire assurait à Libération que l’élu avait récemment revendu ses parts chez Axa. Sauf que rien ne l’indique dans sa déclaration à la HATVP. Deux possibilités existaient dès lors : soit le député a menti, soit sa déclaration rectificative n’a pas encore été traitée par l’organisme. « Dans ces cas-là, nous sommes tenus au secret. Nous ne communiquons pas sur les choses en cours », expliquent les services de la HATVP. Jacques Maire a de toute façon reconnu hier soir être toujours propriétaire de parts chez Axa, sans s’en inquiéter pourtant. Il a également annoncé saisir la déontologue de l’Assemblée.

« C’est un conflit d’intérêts insupportable.Il doit se retirer comme Jean-Paul Delevoye avant-lui », ont insisté hier les députés de gauche, dans un Hémicycle à nouveau bousculé par les intérêts particuliers des macronistes. A. S.

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