Eric PIERMONT/AFP
Eric PIERMONT/AFP

La place des plats préparés sur la table des Français

Mardi, 11 Février, 2020

La  consommation à domicile de plats préparés et donc prêts à servir ne  représenterait que 3%  des dépenses alimentaires  des ménages français pour la consommation au foyer. Mais la consommation de sandwichs  et de plats préparés se fait surtout hors domicile, y compris sur le lieu de travail  faute de restauration collective en bon nombre d’endroits.

Une étude actualisée et publiée par FranceAgriMer sur les achats de plats préparés  par les ménages  français entre 2008 et 2017 nous indique que ces achats «ne représentent que 3%  des dépenses alimentaires des  ménages pour leur consommation à domicile (116€ sur 3.585€ dépensés annuellement par ménage français  pour l’alimentaire consommé ou au moins transitant par le domicile principal). Cette proportion est stable dans le temps», nous dit FranceAgriMer. Dans ce panel de 20.000 ménages suivi par la société Kantar, on «ne prend pas en compte  les achats effectués dans le circuit «café, hôtel, restaurant»,  ni les achats de ménages réalisés en vacances ou pour leur résidence secondaire. Il exclut également les « produits achetés pour être directement consommés hors domicile, sans transit à domicile».

Les plats les plus achetés sont dans l’ordre les pizzas, quiches, tartes et tourtes, fraiches ou surgelées. Puis viennent  les plats cuisinés à base de viande et, par ordre décroissant, de pâtes, de pommes de terre, de produits de la mer.  En termes de volumes, entre 2008 et 2017, «sur 18,50 kilos  de plats préparés achetés par an (soit légèrement moins qu’au début de la période, 19,2kg), le frais a gagné un kilo en dix ans, l’appertisé en a perdu 1,5 kg, et le surgelé est en légère baisse (- 0,1 kg).

Calories pour les jeunes, protéines pour les autres

L’étude indique que « les pizzas, quiches, tartes  et tourtes, tout comme les plats à base de pâtes  ont un profil jeune (ménages dont la personne responsable des achats a moins de 35 ans ou entre 35  et 49 ans). Les produits à base de viandes et des produits de la mer  ont des taux de clientèle plus élevé  parmi les deux tranches d’âge intermédiaires (35-49 ans et 50-64 ans) et plus faible parmi  les ménages les plus jeunes (moins de 35 ans). Cette opposition est encore plus nette pour les quantités achetées, les plus jeunes surconsommant (par rapport à la moyenne des ménages) les pizzas  et produits à base de pâtes  et les ménages âgés  dépassant la moyenne en ce qui concerne  les plats à base de poisson et de pommes de terre». On peut donc penser que, du fait de leur faible pouvoir d’achat, les moins de 35 ans consomment surtout des calories  tandis que leurs aînés  consomment davantage de protéines d’origine animale.

2,6 milliards de sandwichs acheté en 2018    

L’étude nous indique que les plus gros mangeurs de sandwichs sont âgés  de 35 à 49 ans, mais il ne s’agit pas forcément d’un choix délibéré. Elle émet l’hypothèse qu’il s’agirait souvent  de  «travailleurs ne disposant pas  de cantine» avant d’ajouter: «le statut financier semble également un critère important, les ménages modestes étant près de deux fois plus nombreux  que les ménages aisés à acheter des sandwichs sous vide, et l’écart se creuse même  sur la période de l’étude».

En France, on a vendu 2, 6 milliards de sandwichs en 2018  pour un chiffre d’affaires de plus  de 8 milliards d’euros. L’étude publiée par FranceAgriMer se termine sur 2017. Elle fait état « du  potentiel de croissance  pour ce marché à la croisée entre  la consommation dans et en dehors  du foyer». Il reste une question que cette étude omet  d’aborder: quel est le pourcentage de sandwichs et autres plats préparés  finissant à la poubelle quand la date limite de vente est dépassée? Certes, la grande distribution  a le devoir de faire des dons aux associations caritatives plutôt que de jeter des aliments atteignant la date limite de vente. Mais on  sait  que cette recommandation  résultant du vote d’une loi par le Parlement n’est pas toujours respectée, loin s’en faut.

Enfin, la livraison à domicile de repas prêts à consommer  étant en hausse sensible depuis deux à trois ans, on peut aussi s’interroger sur le bilan carbone d’une pratique  qui consiste à sur-emballer des aliments livrés par de nouveaux  esclaves  dont un livreur en scooter a récemment trouvé la mort alors que des policiers le « neutralisaient » au sol, suite à une infraction qu’il aurait commise contre le code de la route.

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