Vendredi, 21 Février, 2020

Ma chronique de l’extrême centre par Pierre Serna. Trois femmes grillées

Sexe et politique font bon et mauvais ménage depuis que, du temps de César, on a décrété qu’il ne fallait pas seulement que sa femme soit vertueuse, mais que tout le monde le croie. Et la vertu de César ? Bah, c’est un homme qui a des besoins comme tous ses pairs… Pourtant, la politique du sexe a ses règles et ses codes qu’il ne faut pas enfreindre, au risque de chuter. Louis XV eut l’idée de choisir des amantes parmi les roturières de Paris, ce que le peuple jamais ne lui pardonna. Puis vint Marie-­Antoinette et ses frasques, vraies ou supposées, à côté d’un mari semi-impuissant, ce qui finit de discréditer la légitimité du couple royal et donc du corps de la monarchie, elle-même désormais perçue comme un système corrompu. Depuis, les écarts des présidents ont toujours fait partie des mœurs du Palais. L’on peut dire que l’américanisation de la vie politique française, mêlant vie privée et existence publique des candidats, a amplifié le phénomène, surtout depuis Sarkozy, surjouant de sa puissance fécondatrice lors de la grossesse de sa compagne surmédiatisée. Il ne faudrait pas oublier le truculent président Hollande, twitté, scootérisé, et remercié pour le bon moment… Cela permet de relativiser le lamentable incident que l’on vient de vivre et les suites pitoyables qu’en donne le ministre de l’Intérieur, plongeant toujours plus bas dans la bêtise et le sordide. Autre chose doit nous interpeller aujourd’hui. Qui est la victime ? Ou plutôt qui sont les victimes ? Émettons une hypothèse. La vidéo a sauvé Griveaux, la girouette qui s’apprêtait à vivre une humiliation bien pire du point de vue politique, avec sa campagne catastrophique. D’une certaine manière, la rapidité avec laquelle il a démissionné en dit long sur le soulagement inconscient qu’il a presque reconnu. Mais, dans cette histoire, qui reste sur le carreau ? Trois femmes sacrifiées. L’épouse humiliée publiquement du porte-parole du gouvernement, d’abord. L’actrice réceptrice des images, ensuite, manipulatrice ou pas, qui peut faire une croix sur son avenir, alors que c’est un homme, responsable ou pas, qui est le triste sire pseudo-artiste qui a mis en ligne les images. La ministre de la Santé, enfin, vouée à un échec cuisant, au cas où il était judicieux en ce moment précis de changer de ministre des hôpitaux. C’est beau la galanterie de l’extrême centre…

Par Pierre Serna
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