Pourquoi la question de la tenue d’un référendum est-elle posée ?. Retraites : à nous de décider !

Vendredi, 14 Février, 2020

Igor Zamichiei Coordinateur de l’exécutif national du PCF

Nous créons les richesses du pays. Qui, au fait ? Nous qui produisons l’énergie, nous qui faisons rouler les métros et les trains, nous qui enseignons, nous qui cherchons de nouvelles avancées scientifiques, nous qui soignons, nous qui plaidons, nous qui faisons vivre les associations, nous les femmes et les hommes, jeunes et vieux, Français et immigrés, nous les travailleurs. Nous qui sommes en grève, nous qui versons aux caisses de solidarité, nous avons fait naître un mouvement social historique. Notre travail n’est pas un « coût », c’est la source de la richesse du pays. Le vrai « coût », c’est le coût du capital, des dividendes et intérêts financiers. L’assisté Bernard Arnault et ses amis du CAC 40 ont ponctionné sur notre travail plus de 60 milliards d’euros en 2019. Tous perdants pour qu’eux soient gagnants ?

C’est la réforme de trop ! Celle qui ajoutera la précarité de la retraite à celle du travail, avec une baisse du niveau de pension aggravée pour les femmes qui vivent déjà l’inégalité salariale. Celle qui nous volera du temps de loisir, de vie familiale, de partage, d’engagement. Celle qui est aveugle aux inégalités sociales avec le recul de l’âge de départ pour tous alors que les 5 % les plus pauvres d’entre nous mourront à 71 ans quand les 5 % les plus riches jouiront de leur retraite jusqu’à 84 ans. Après deux mois de mobilisation, et alors qu’une majorité du peuple ne veut toujours pas de cette réforme, nous pouvons gagner ! Les communistes font deux propositions aux Français·e·s pour y parvenir.

La première proposition, c’est de conquérir le droit de décider nous-mêmes. D’exiger un référendum sur le projet gouvernemental. Soyons des millions à porter cette exigence. Alors que le texte est en discussion à l’Assemblée nationale, interpellons les députés de nos départements dans tout le pays en ces termes : quelle que soit votre propre opinion, le texte dont vous débattez est massivement contesté, il est criblé de trous qui sont autant d’ordonnances à venir dont vous ne savez rien et son financement n’est même pas arrêté, ce serait votre honneur de représentant de la nation de vous en remettre au peuple.

La deuxième proposition, c’est d’élaborer nous-mêmes le système de retraite que nous voulons. D’organiser partout en France des assemblées sociales locales et une conférence sociale nationale pour remettre sur le métier l’œuvre d’Ambroise Croizat et la développer. À l’insécurité universelle imposée par Macron, travaillons à définir ensemble une Sécurité sociale du XXIe siècle. Aux eaux glacées du calcul égoïste, opposons-leur une nouvelle ambition de civilisation pour sécuriser tous les moments de la vie, de la naissance à la mort en passant par les périodes de formation, de chômage, d’emploi, de parentalité car nos retraites en dépendent. Organisons ces assemblées avec toutes celles et tous ceux qui luttent, tous les syndicats, associations et partis de transformation sociale qui veulent débattre à égalité de la meilleure façon de révolutionner le système.

D’autres choix pour financer un meilleur système existent ! Des choix radicaux qui remettraient en cause les logiques capitalistes : faire cotiser massivement les revenus financiers ; agir sur les entreprises en modulant le taux de cotisation selon la finalité sociale et écologique de la production. À nous de décider ensemble de l’avenir de nos retraites !

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