-
-
Mercredi, 25 Mars, 2020

Renaud Lavillenie : « Difficile de se projeter sur l’avenir »

Championnats du monde en salle annulés, mais surtout J.O reportés d’un an, l’athlétisme mondial s’est arrêté net.
 

Renaud Lavillenie Perchiste, champion olympique à Londres en 2012

«Avant l’annonce du report des Jeux olympiques à Tokyo, il était déjà difficile de se projeter sur l’avenir. Ça l’est tout autant aujourd’hui. Déjà, au bout de trois jours, c’est dur, alors qu’est-ce que ce sera dans quelque temps ? Tout cela est loin d’être optimal. Est-ce que, dans un mois, nous serons revenus à une situation normale ? Est-ce dans plus longtemps ? Personne ne peut le dire. Avant, quand je pensais aux nageurs qui préparaient les Jeux, je me demandais comment ils allaient faire sans pouvoir s’entraîner en bassin. Et puis, reste de toute manière une question primordiale. Un athlète de haut niveau doit certes s’entraîner, mais aussi participer à des compétitions. C’est le seul moyen de savoir où l’on en est. Plus le confinement est allongé et plus il est difficile de se préparer. Sans certitude, comment faire en effet ? Il faut savoir que nous avons des périodes précises de montée en puissance qui ­correspondent à nos objectifs de la saison. Or, là, je ne fais que de l’entretien. Malgré tout, et pour revenir à cette période pas comme les autres, j’essaie de ne pas trop me plaindre. Moi, j’ai la chance de vivre en Auvergne, d’avoir une maison et un jardin. En plus, je me suis fait construire, il y a sept ans, un perchoir dans ce jardin. En attendant, j’essaie de maintenir une condition physique correcte. De toute manière, avant même le confinement, j’avais prévu de ne travailler que le physique en mars. Du coup, cela ne change pas grand-chose. Ma phase préparation technique ne devait arriver que plus tard. Donc je bosse avec mon préparateur. C’est un peu bizarre, car il habite à 500 mètres de chez moi et nous ne pouvons plus nous voir. On communique par les réseaux sociaux. Réseaux sociaux que je pratique avec d’autres athlètes qui préparaient comme moi les JO. Face au confinement, il y a deux camps. Ceux qui ont compris les consignes et d’autres qui n’ont pas l’air de saisir la situation par rapport aux normes sanitaires à respecter. Maintenant, tout cela est loin derrière nous puisque les Jeux n’auront pas lieu cette année. »

×