Santé. « Flambée des tarifs » des mutuelles

Jeudi, 13 Février, 2020

L’UFC, qui pointe une hausse de 5 %, demande l’application de la « résiliation à tout moment ».

Promis, juré, craché, la mise en place du « 100 % santé », au 1er janvier 2020, pour l’optique et certains soins dentaires, ne devait pas s’accompagner d’une hausse des tarifs des complémentaires. Thierry Beaudet, le président de la Mutualité française, sorte de fédération des mutuelles, avait estimé en novembre que les hausses de cotisations évolueraient en 2020 « dans les mêmes proportions que les années précédentes, c’est-à-dire en moyenne de + 3 % ». La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, avait aussi rappelé, au même moment, que la mise en place de ce reste à charge zéro sur certaines prestations ne saurait justifier « une hausse des tarifs pour 2020 ». À en croire l’étude publiée mercredi par UFC-Que choisir, c’est raté.

À la suite d’un appel à témoignages, l’association de consommateurs a étudié « près de 500 contrats individuels » (qui concernent retraités, indépendants, fonctionnaires, étudiants ou inactifs, soit la moitié de la population), « émanant de 86 organismes différents » (mutuelles, sociétés d’assurance et institutions de prévoyance). Résultat : une « flambée des tarifs » qui se traduit par une augmentation médiane de 5 % (80 euros par assuré), et « des écarts très marqués entre organismes ». « Certains ont sans doute voulu compenser la mise en place du 100 % santé, mais ce nouveau dispositif ne peut expliquer à lui seul des hausses de cotisations parfois très spectaculaires, de + 10 %, + 12 %, voire + 35 % », pointe Mathieu Escot, directeur adjoint de l’action politique à l’UFC-Que choisir. Dans la liste des bons et des mauvais élèves dressée par l’UFC, les assurés de la Macif (+ 2,7 %) ou de la Mutuelle Générale (+3,2 %) s’en sortent plutôt bien, quand ceux de Malakoff Médéric Humanis (+ 8,2 %) ou de Swiss Life (+ 12 %) voient leurs factures exploser.

Pour l’association, cette « inflation galopante des assurances santé » doit conduire l’exécutif à « appliquer au plus tôt » la mesure, déjà votée, permettant à chacun de « résilier à tout moment » ce type de contrat. Elle est attendue au plus tard pour décembre 2020, mais un simple décret pourrait en accélérer l’effectivité. « Aujourd’hui, les assurés n’ont qu’une fenêtre de vingt jours pour changer de complémentaire, cela ne favorise guère la concurrence, et certains en profitent », explique Mathieu Escot. interpellée, la Mutualité française a vertement réagi mercredi, contestant la méthode de l’UFC et son échantillon trop réduit. D’après elle, la hausse pour 2020 serait de 2,4 % en moyenne, contrats individuels et collectifs confondus, et « la résiliation à tout moment contre-productive (…) dans un secteur déjà très concurrentiel ».

Alexandre Fache
×