Opérapiécé, une mise en scène élégante. Agathe Deusy
Opérapiécé, une mise en scène élégante. Agathe Deusy

Spectacle. Symphonie pour deux voix drôlement délurées

Vendredi, 14 Février, 2020

Aurore Bouston et Marion Lépine proposent avec humour un savant mélange d’airs d’opéra détournés, de tubes classiques et de chansons populaires.

Le titre du spectacle, déjà, attire l’attention : Opérapiécé. Un mot inventé qui se prête à bien des tours de passe-passe comme Opératp pour évoquer le Poinçonneur des Lilas, ou encore Opéramour pour plus de tendresse. Mais que l’on ne se méprenne pas, toute la soirée n’est qu’un malin montage entre des airs généralement connus et des paroles de chansons plus ou moins détournées.

Au départ, c’est Opérassedic. Une première séquence qui souligne la volonté des deux chanteuses lyriques (Aurore Bouston et Marion Lépine) de persévérer dans leur métier, toujours à la recherche du contrat qui permettra d’atteindre le nombre d’heures nécessaires aux intermittents du spectacle. Une situation souvent difficile, traitée là avec un humour sincère.

Les scènes succèdent les unes aux autres, poursuivant une histoire un peu foldingue, souvent dans le pur esprit des opéras, opérettes et autres comédies musicales où les personnages les plus extravagants, comme de méchantes sorcières et d’impossibles ingénues, se croisent forcément et férocement.

La mise en scène élégante est de William Mesguich, pour qui « Opérapiécé est comme un tourbillon, un vent de folie musicale et théâtrale », et les costumes, nombreux et joliment farfelus, ont été conçus par Marie-Caroline Béhue. Quant à la direction musicale, elle est signée de Louis Dunoyer. Avec en alternance Vincent Carenzi ou Marion Buisset à l’accordéon. Un instrument qui se prête magnifiquement au jeu. Brel, Brassens, Dutronc, Lama et d’autres sont ici mariés avec Vivaldi, Smetana, Tchaïkovski, Rossini, Gounod, Chopin… ce qui provoque des échanges aussi poivrés que surprenants. Et le public en redemande. Opérapiécé est déjà passé de la petite à la grande salle du théâtre l’Essaïon, et un des grands airs du final tourne autour du célèbre The show must go on (le spectacle doit continuer), comme le chantaient par exemple Queen et Fredy Mercury. Bravo mesdames.

Les mardis et mercredis à 21 heures, l’Essaïon, 6, rue Pierre-au-Lard, Paris 4e. Tél. : 01 42 78 46 42.
Gérald Rossi
×