À Strasbourg, des traiteurs préparent et offrent des plateaux repas au personnel des hôpitaux de la ville.
À Strasbourg, des traiteurs préparent et offrent des plateaux repas au personnel des hôpitaux de la ville.
Jeudi, 26 Mars, 2020

Une belle histoire de solidarité à Strasbourg

Contraints de cesser leur activité depuis l’interdiction des rassemblements, deux traiteurs strasbourgeois, Kieffer et Effervescence, livrent des repas gratuits aux hôpitaux de leur ville. Récit. 

 

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L’histoire commence avec la création d’un groupe WhatsApp, rassemblant la direction et les 65 employés de deux traiteurs alsaciens, Kieffer et Effervescence. « L’idée de départ était de se tenir au courant de l’évolution de nos activités dans la crise sanitaire. Savoir si nous allions reprendre, quand, quelles étaient les mesures nationales d’aide à notre activité, etc. Et puis, au fur et à mesure des discussions, les idées ont commencé à fuser », explique Johanna Klein, la chargée de communication de l’entreprise, installée sur la commune de Vendenheim, dans la banlieue de Strasbourg. C’est de ce forum de paroles entre employés qu’est née l’idée de ne pas arrêter l’activité, mais de la poursuivre, en confectionnant des repas pour les personnels hospitaliers, qui luttent avec acharnement contre le coronavirus, dans la région de France la plus touchée, avec l’Île-de-France.

Tout le monde met la main à la pâte

Les traiteurs ont été l’un des secteurs frappés de plein fouet par l’interdiction des rassemblements, puisqu’ils n’avaient plus aucun événement, fête ou réception à couvrir. Or, le mois de mars est habituellement un mois de forte activité. « Les frigos étaient encore bien remplis, explique Johanna Klein. On s’est dit qu’il fallait en faire profiter ceux qui sont en train de se démener pour nous sauver. » La plupart des employés se sont portés volontaires pour travailler bénévolement, l’entreprise étant en chômage partiel. Chaque matin, ils se succèdent donc, par groupes de quatre ou cinq pour respecter les consignes d’hygiène et les gestes barrières, tous métiers concernés. Les cartes de la hiérarchie habituelle ont été rebattues. « Un chef de projet ou un responsable logistique peut aller en production faire des salades avec les deux chefs de cuisine qu’ils dirigent. Tout le monde peut prendre un camion et livrer en hôpital », assure Johanna Klein.

Un appel lancé aux fournisseurs

Après avoir fourni des repas, dimanche, au nouvel hôpital civil de Strasbourg, les deux traiteurs ont ajouté lundi une clinique à leur livraison. Une autre devait être approvisionnée mercredi, puis le grand CHU de Hautepierre dans la semaine. Ils s’adaptent chaque fois aux besoins des établissements hospitaliers, notamment en réalisant des plateaux-repas faits pour être pris dans un temps court. Car, compte tenu de la tension actuelle, les personnels de soins ne peuvent se restaurer qu’au cours de courtes pauses, prises plusieurs fois par jour. Et, une fois les frigos vides, les deux traiteurs ont décidé de ne pas en rester là. Ils ont fait appel à leurs fournisseurs de produits alimentaires de base, pour qu’ils continuent à les approvisionner. « Tous ont répondu présent », raconte Johanna Klein. À partir de la semaine prochaine, le patron des deux enseignes, Jean-Jacques Mahr, n’exclut pas d’acheter lui-même les denrées qui permettront de poursuivre cet élan de solidarité en direction des personnels hospitaliers. Il lance également un appel à tous les producteurs de la région qui auraient des surplus, pour qu’ils les apportent à Vendenheim, où les employés les transformeront en repas. La chaîne de solidarité pourrait ainsi s’élargir, d’autant que les marchés où s’écoule d’habitude une grande partie de la production des agriculteurs et des éleveurs alsaciens sont désormais interdits.

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