Les soignants de la Brigade médicale internationale Henry Reeve de Cuba pour une soirée en leur honneur à La Havane, le 28 mars, avant leur départ en Andorre . © Yamil Lage/AFP
Les soignants de la Brigade médicale internationale Henry Reeve de Cuba pour une soirée en leur honneur à La Havane, le 28 mars, avant leur départ en Andorre . © Yamil Lage/AFP
Jeudi, 2 Avril, 2020

Antilles. Le voilà enfin, l’amendement qui permet au médecins cubains de venir au chevet de leurs voisins français !

Le gouvernement, devant l’urgence sanitaire, autorise les personnels soignants à venir de Cuba, en renfort, dans certains territoires ultramarins. Une victoire pour les sénateurs antillais, un véritable soulagement aussi.

« Heureuse ! Heureuse ! C’est l’aboutissement d’un long périple avec mon collègue Dominique Théophile, sénateur de Guadeloupe. » La réaction de la sénatrice martiniquaise Catherine Conconne (Parti progressiste martiniquais, apparenté socialiste) est à la mesure du combat menée par elle et d’autres élus antillais : la possibilité de voir enfin des médecins cubains venir en aide à leurs collègues des Caraïbes.

Cette demande ne date pas d’hier...

Alors qu’un couvre-feu a été instauré mercredi, la Martinique a compté un troisième décès et recense 128 cas. Comme les autres territoires français des Antilles (en Guadeloupe, 114 cas recensés), de l’Amérique du Sud (en Guyane, 51 cas, 15 guérisons) et de l’Atlantique Nord (à Saint-Pierre-et-Miquelon, aucun cas à ce jour), elle va pouvoir bénéficier de l’aide de médecins cubains : le gouvernement français, dans l’urgence, a accepté par décret l’envoi de soignants venus de l’île voisine. Mais, en réalité, cette demande ne date pas d’hier, et il ne s’agit pas uniquement de lutter contre la pandémie de coronavirus, mais bien de remédier à des déserts médicaux. Magali Zamor, secrétaire général de la CGT Martinique santé, faisait part la semaine dernière encore du « manque de moyens du CHUM » et d’un « nombre de respirateurs disponibles critique ». C’est en juin 2019, lors de l’examen de la loi d’Agnès Buzyn de « transformation du système de santé », que Catherine Conconne avait déposé un amendement ouvrant la porte aux médecins hors Union européenne. Auparavant, son collègue de Guadeloupe, Dominique Théophile (LaREM), avait rencontré l’ambassadeur de Cuba à ce sujet. Ce sont les directeurs des agences régionales de santé qui peuvent délivrer l’autorisation, et pour une durée limitée. Pour la sénatrice, le motif est clair : « Il a été pris principalement pour renforcer nos CHU. Il nous manque certaines spécialités médicales et nous avons du mal à faire venir des médecins d’Europe. Cet amendement nous permet d’aller puiser dans nos ressources fraternelles cubaines. Donc, pour moi, c’est une victoire, une grande joie. Que ce décret arrive en pleine crise du coronavirus, c’est très bien. »

Une solidarité qui existe déjà dans la plupart des territoires de la Caraïbes

Pour l’heure, 38 pays ont fait appel à cette aide médicale cubaine, dont, en Europe, l’Italie et Andorre. La France est donc le troisième, même si elle ne s’en vante pas et que ces personnels ne peuvent être appelés en renfort que dans les territoires ultramarins. Dans les Caraïbes, cette solidarité existe dans la plupart des territoires : Haïti, Antigua-et-Barbuda ou bien la Jamaïque, qui accueillent déjà des délégations dans le cadre de l’épidémie. En attendant, peut-être, que le gouvernement accepte également leur venue en métropole : la semaine dernière, une cinquantaine de députés l’ont demandé. Sans réponse à ce jour.

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