Salah Hamouri au siège de l'Humanité, le 15 novembre 2018. © Julien Jaulin/Hans Lucas
Salah Hamouri au siège de l'Humanité, le 15 novembre 2018. © Julien Jaulin/Hans Lucas
Dimanche, 5 Juillet, 2020

Déni de justice. Salah Hamouri toujours maintenu en détention en Israël

Le ministère français des Affaires étrangères dit être pleinement mobilisé, mais notre compatriote reste enfermé malgré un dossier vide.

Ses avocats ayant fait appel de la décision de le maintenir en prison jusqu’au 7 juillet, l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri a comparu ce dimanche matin devant un juge qui, sans surprise, n’a rien voulu entendre. Pourtant, rien dans le dossier ne peut expliquer l’arrestation ni le maintien en détention. Sinon, on peut faire confiance aux Israéliens, ils auraient déjà rendu publics tous les détails du dossier.

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Soupçons d’appartenance à une organisation interdite, témoignages qui auraient été recueillis au mois de mars mais dont la teneur n’est pas rendue publique… Tout cela sent la manipulation judiciaire visant purement et simplement à priver de liberté Salah Hamouri, défenseur des droits des prisonniers, qui subit un véritable acharnement de la part des autorités israéliennes.

Traque de Palestiniens

Ce n’est pas nouveau. À l’été 2017, déjà, alors qu’il devait se rendre en France retrouver son épouse – interdite de territoire par les Israéliens – et son fils, il avait été arrêté au petit matin. Et n’avait été libéré que treize mois plus tard, en septembre 2018, après plusieurs renouvellements de la détention administrative qui permet de maintenir secrètes les raisons d’un emprisonnement et de garder le présumé coupable dans les geôles aussi longtemps que le veut un juge. Drôle de justice qui accepte par ailleurs qu’un homme, Salah Hamouri, soit arrêté dans un centre de santé alors qu’il s’apprêtait à passer un test pour déterminer s’il était bien négatif au Covid-19 comme il en avait obligation avant de voyager, ce qu’il devait faire samedi, là encore pour venir en France. Pour le Shin Bet (services de renseignements), le traçage sert surtout à traquer les Palestiniens, puisque les barbouzes l’ont appréhendé dans l’établissement médical.

Audience à distance

Ironie de l’histoire, dimanche, Salah Hamouri n’a pas pu assister physiquement à l’audience d’appel, mais il y a « participé » via Skype. Deux agents israéliens du centre d’interrogatoire de Moskobiyeh à Jérusalem, où est détenu Salah, ont été testés positifs au coronavirus, entraînant ainsi la quarantaine de tous les Palestiniens se trouvant dans ce sombre lieu de détention. Le consul général de France était présent à l’audience, mais il n’a pas eu le droit de rencontrer notre compatriote depuis qu’il a été arrêté le 1 er juillet. La contamination des deux agents israéliens à Moskobiyeh tombe fort à propos. Déjà, sous prétexte de virus, les parents de Salah n’ont pas été autorisés à lui fournir des vêtements.

L’État français doit intervenir publiquement

Interrogé lors d’un point presse, le 2 juillet, le ministère français des Affaires étrangères a fait savoir que « la France demande que l’ensemble des droits de M. Salah Hamouri soient respectés » et que sa situation « est suivie attentivement et à haut niveau par les autorités françaises ». Mais lorsque le Quai d’Orsay affirme maintenir « un contact étroit avec l’entourage de M. Hamouri » et être « pleinement mobilisé auprès des autorités israéliennes pour que la situation de M. Hamouri et de son épouse soit réglée au plus vite », on est en droit de s’interroger. Emmanuel Macron n’a pas cru nécessaire d’appeler Elsa, l’épouse de Salah, dont la situation, justement, n’est pas réglée depuis maintenant des années. Il faudrait donc que les autorités françaises, si elles veulent se faire respecter, interviennent plus fortement et publiquement pour la libération de Salah, avant qu’une première détention administrative ne puisse être prononcée.

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