Bruno Retailleau est le premier responsable du parti à avoir officialisé sa candidature en cas de primaire. Hamilton/Réa
Bruno Retailleau est le premier responsable du parti à avoir officialisé sa candidature en cas de primaire. Hamilton/Réa

Droite. « Les Républicains » dans le flou pour 2022

Jeudi 27 Août 2020

Les universités d’été du parti, samedi à La Baule, marquent le début de sa course vers la présidentielle. Affaiblie par la Macronie, la droite aborde cette période sans ligne claire ni candidat incontournable.

Incapables d’organiser des universités d’été communes, les représentants de la droite abordent chacun de leur côté cette nouvelle année politique, ce week-end. À La Baule (Loire-Atlantique) avec Bruno Retailleau, à Mennecy (Essonne) avec Valérie Pécresse et son mouvement Libres !, au mont Mézenc (Haute-Loire) avec Laurent Wauquiez, puis la semaine prochaine au Port-Marly (Yvelines) avec le rendez-vous des jeunes LR, en présence notamment de François Baroin… Une rentrée symptomatique de l’état de la droite dite classique, dont la multiplication des candidatures pour la présidentielle signe les divisions alors que son espace politique est piétiné par le chef de l’État. « Emmanuel Macron a pris à la droite son combat pour la réforme du modèle social français, pour faire entrer le marché là où il n’existe pas, analyse le politologue Jérôme Sainte-Marie . Il lui reste la lutte contre les incivilités, les délinquances de rue… » Mais entre les offensives de Gérald Darmanin d’un côté (chipé à LR, comme Jean Castex ou Bruno Le Maire) et le RN de l’autre, la droite classique aura bien du mal à prospérer sur le sécuritaire.

Miser sur un ras-le-bol de Macron sans rompre avec sa politique

Quel candidat, quelle coalition ou quel programme « Les Républicains » proposeront en 2022 ? Si beaucoup lorgnent le poste, ces questions restent entières. Pour l’heure, c’est même sur le mode de désignation et l’organisation ou non d’une primaire que la droite se divise, entre les vaccinés des primaires et ceux qui ne voient pas d’autre solution, comme le président du Sénat, Gérard Larcher. Au sein du parti, le secrétaire général, Aurélien Pradié, et le président, Christian Jacob, semblent s’y opposer. Xavier Bertrand, qui a quitté LR en 2017, également : « Ma primaire, ça sera le scrutin régional », a déclaré à Corse Matin l’ancien ministre, qui vise une réélection à la tête de la région Hauts-de-France en mars 2021 pour asseoir sa légitimité. Parmi les autres favoris, François Baroin, soutenu par la direction de LR, se prononcera en octobre, tandis que Valérie Pécresse – elle aussi concernée par les régionales – pourrait profiter de la rentrée politique de son mouvement Libres !, ce week-end, pour se positionner. Seul Bruno Retailleau a déjà officialisé sa candidature… en cas de primaire : « Notre candidat doit être légitimé par un processus de sélection apaisé, après les régionales et départementales de mars et avant l’été 2021 », a déclaré aux Dernières Nouvelles d’Alsace le président du groupe LR au Sénat.

Sans doute l’ancien bras droit de François Fillon, représentant d’une droite traditionaliste, se souvient-il que le processus avait profité à son mentor, en 2016, face aux favoris Juppé et Sarkozy… « Mais même sur les questions de mœurs, la droite ne mène plus de combat, considère Jérôme Sainte-Marie. Ces thématiques ne font plus recette, comme le montre l’échec de François-Xavier Bellamy aux européennes. »

Ne prospérant plus sur son propre terrain et incapable de se doter d’une nouvelle synthèse idéologique propre, LR pourrait considérer comme une issue « de se constituer en équipe de rechange du macronisme, en s’appuyant sur son image de parti de gouvernement, avec un ancrage local encore important », observe le politologue. Pour miser sur un ras-le-bol de Macron tout en proposant une continuité de sa politique, Édouard Philippe, qui se fait oublier depuis sa démission de Matignon en juin dernier et fâché avec LR, pourrait constituer un joker…

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