Georges et Liliane Marchais à la fête de l'Humanité. Photo AFP
Georges et Liliane Marchais à la fête de l'Humanité. Photo AFP
Jeudi, 9 Avril, 2020

Hommage. Liliane Marchais est décédée

La figure du Parti communiste, ancienne dirigeante de la fédération du Val-de-Marne, épouse de Georges Marchais, est décédée à l’âge de 84 ans des suites du Covid-19.

Liliane Marchais est une figure familière pour le peuple de France et le monde ouvrier. Son visage et son parcours incarnent ce pays, son Parti communiste. « Comme tous ceux qui l’ont rencontrée, je me souviendrai toujours de ses yeux bleus, de son sourire toujours présent et de ses éternelles Gitane aux lèvres, comme de la sagesse et de la camaraderie qu’elle apportait dans toutes ses rencontres. » C’est par ces mots que Fabien Roussel, le secrétaire national du PCF (voir son message ci-dessous) a annoncé publiquement ce jeudi 9 avril la disparition de l’ancienne dirigeante communiste du Val-de-Marne à l’âge de 84 ans. Issue d’une famille ouvrière, la jeune Liliane Grelot, titulaire du certificat d’études primaires et d’un CAP, entre comme ouvrière câbleuse (d’abord gainière, elle deviendra contrôleuse) à la CSF de Malakoff (Hauts-de-Seine).  Elle s’identifie alors pleinement à la classe ouvrière de la première ceinture de la « banlieue rouge » parisienne. Elle est une fille de la « Jeune garde ». 
 
Née le 24 août 1935 à Malakoff, elle rejoint l’UJRF (mouvement des jeunes communistes) en 1950. Elle n’est alors âgée que de 15 ans. L'adolescente se rend quelques mois plus tard au Festival mondial de la jeunesse qui se tient à Berlin. Tout naturellement, elle rejoint le PCF en 1952 et la CGT en 1953. Membre du bureau national de l’Union des jeunes filles de France (UJFF, la branche féminine des jeunes communistes) à la fin des années 1950, elle prend ensuite des responsabilités au sein de la fédération de Seine-Sud du PCF. Militante syndicale dans son entreprise, elle fait partie de la commission exécutive de la Fédération CGT des Métaux entre 1960 et 1964.
 
En 1964, après avoir suivi une « école centrale » d’un mois (formation interne du PCF), elle entre au secrétariat de la fédération communiste du Val-de-Marne, se chargeant de l’action en direction des femmes. Elle sera membre du secrétariat fédéral jusqu’en 1976, continuera de siéger au bureau fédéral du PCF du Val-de-Marne jusqu’en 1996, puis au comité fédéral.
 
A partir de la fin des années 1960, elle est aux côtés de Georges Marchais, sa camarade de lutte politique et sa compagne. Le secrétaire général du PCF n’hésite pas à la mettre en avant ou la citer dans quelques-unes de ses mémorables joutes verbales radiophoniques ou télévisuelles des années 1970-1980. Elle reste ainsi une figure populaire et amicale. L’Humanité présente ses condoléances à sa famille et à ses proches.

 

OBSEQUES.

Liliane Marchais sera inhumée jeudi 16 avril à 15 heures à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne), dans la plus stricte intimité imposée par les restrictions en vigueur. 
Toutes les personnes souhaitant écrire un message peuvent le faire via l'espace numérique www.avis-de-deces.net

 

Les messages de Fabien Roussel et de Christian Favier

 
Fabien Roussel, secrétaire national du PCF:
« Liliane Marchais nous a quittés ce jeudi 9 avril à l'âge de 84 ans après plusieurs années de combat dans un Ehpad. Le Covid-19 aura eu raison de cette grande dame, membre du secrétariat fédéral du PCF du Val-de-Marne de 1961 à 1976 et épouse de Georges Marchais, secrétaire national du PCF. Au nom du PCF, j'adresse mes plus sincères condoléances et toute mon amitié à ses deux enfants, Olivier et Annie, à ses petits-enfants et à tous les communistes du Val-de-Marne et notamment ceux de Champigny où la famille habitait. (...)
Liliane avait un caractère bien trempé qui se distinguait par la franchise et la sincérité. Comme tous ceux qui l’ont rencontrée, je me souviendrai toujours de ses yeux bleus, de son sourire toujours présent et de ses éternelles Gitane aux lèvres, comme de la sagesse et de la camaraderie qu’elle apportait dans toutes ses rencontres. Au sein de la fédération du Val-de-Marne, elle a plus particulièrement suivi la formation des cadres et plus particulièrement celle des femmes. Elle a toujours défendu la place des femmes dans les instances de direction du Parti permettant à de nombreuses camarades d'accéder à des postes de responsabilité, au sein de collectivités comme au sein du Parti.
Aujourd'hui elle aurait été la première à saluer le service public de la santé, le dévouement et le professionnalisme des personnels des hôpitaux et des Ehpad qui luttent contre ce virus qui aura eu raison d'elle. Le PCF rendra un hommage à Liliane Marchais dès que les mesures de confinement le permettront. »
 
Christian Favier, président du Conseil départemental du Val-de-Marne: 
« Je viens d’apprendre avec une immense tristesse la disparition de Liliane Marchais, décédée à l'âge de 84 ans du coronavirus. Militante ouvrière, elle s'engagea très jeune dans l'action politique et syndicale, pour construire une société libérée de l'exploitation. Habitante de Champigny-sur-Marne, elle y a épousé Georges Marchais, secrétaire général du Parti communiste français, en 1977. Dirigeante de la fédération du Val-de-Marne du PCF, elle a beaucoup compté pour toute une génération de militants, dont je fais partie.
Si son état de santé l'avait éloignée ces dernières années de l'action militante, elle aura été pendant plusieurs décennies une femme d'engagements, assumant pleinement ses responsabilités avec beaucoup de détermination. C'est une grande militante communiste qui disparaît et dont je veux saluer la mémoire. Mes premières pensées vont d'abord à son fils Olivier, à ses petits-enfants et à toute sa famille. Je leur présente mes sincères condoléances et les assure de tout mon soutien personnel dans cette épreuve. »
 
 
Le message présidentiel du service de l'Elysée :

"Liliane Marchais, figure du Parti Communiste Français et veuve de l’ancien secrétaire général du même parti, Georges Marchais, a été emportée par le coronavirus. Son nom ne doit pas nous tromper : elle était une femme politique bien avant, puis tout autant, que la femme d’un homme politique.

(...) C’est seulement à la fin des années 1960 qu’après de premières noces, elle devient la compagne puis l'épouse de Georges Marchais, l’emblématique patron du PCF de 1972 à 1994 et candidat à l’élection présidentielle de 1981, décédé en 1997.

En janvier 1980, les Français avaient découvert Liliane Marchais lorsque son mari, qui revenait sur le refus du Président Mitterrand de s’engager sur une défense nationale indépendante, fit cette confidence à la télévision : « j'ai alors dit à ma femme : “François Mitterrand a décidé d'abandonner le programme commun de la gauche. Fais les valises, on rentre à Paris”. »

En amusant certains et en révoltant d’autres, ces mots avaient attiré à Liliane Marchais la sympathie des Français. Mais ils leur donnèrent sans doute une image erronée de la femme qu’elle était. Loin d’être une épouse aux ordres – elle avait d’ailleurs dit à son mari qu’il les ferait lui-même désormais, ses valises – Liliane Marchais avait ses propres opinions sur tout : militante de toujours, elle s’était engagée en politique bien avant de rencontrer Georges Marchais et elle s’était notamment battue pour la place des femmes dans la société en général et pour leur place en politique tout particulièrement. Elle avait elle-même assumé des fonctions importantes au sein du parti auquel elle est restée fidèle toute sa vie et favorisé l’accès de nombreuses camarades à des postes de responsabilités.

Le Président de la République salue le parcours de cette femme politique et adresse à sa famille, ses proches et ses camarades ses sincères condoléances." 

 

 

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