Justice : le député Bernalicis et les sept « menteurs »

Jeudi 3 Septembre 2020

Ugo Bernalicis (FI) accuse Didier Lallement, le préfet de police de Paris, et six autres personnalités judiciaires de « faux témoignages » et « parjures » lors de leurs auditions par la commission d’enquête parlementaire sur les obstacles à l’indépendance du pouvoir judiciaire.

La commission d’enquête parlementaire sur les obstacles à l’indépendance du pouvoir judiciaire a rendu mercredi son rapport, alimenté par une cinquantaine d’auditions de hauts magistrats, d’anciens gardes des Sceaux, de procureurs, de policiers… « J’ai trouvé que les auditions étaient convenues, a déploré Ugo Bernalicis, président de la commission. On sait qu’il y a des problèmes. On sait que certains déconnent. Mais on a l’impression que tout le monde agit pour ne pas que cela se sache. »

Culture de l’entre-soi dans les hautes sphères

Le député FI pointe du doigt une culture de l’entre-soi dans les hautes sphères judiciaires, et d’importantes pressions politiques. Il estime même qu’au moins sept de ces témoignages étaient mensongers. Ugo Bernalicis a ainsi saisi le procureur de la République de Paris, Rémy Heitz… lui-même accusé de « faux témoignage » pour avoir déclaré n’avoir « signé aucun document donnant des instructions à (ses) collègues » sur le sort à réserver aux gilets jaunes lors d’une manifestation, tandis qu’une note interne prouverait le contraire. Le préfet de police de Paris Didier Lallement est, lui, suspecté de ne pas avoir dit la vérité lorsqu’il a indiqué ne pas avoir « trouvé les organisateurs » de manifestations de policiers non autorisées en juin.

Cinq autres personnalités importantes du monde judiciaire sont accusées d’avoir menti lors de leurs auditions alors qu’elles avaient « prêté le serment de dire toute la vérité » : Jean-Michel Hayat, président de la cour d’appel de Paris ; Catherine Champrenault, procureure générale ; Éliane Houlette, ancienne cheffe du Parquet financier ; Jean-Michel Prêtre, ancien procureur de la République de Nice ; et Frédéric Veaux, directeur général de la police nationale. Ce délit est passible de cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende.

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