Vendredi, 29 Mai, 2020

Le député Claude Goasguen est décédé

L’inamovible élu LR parisien est mort jeudi, après une carrière marquée du sceau de l’outrance.

Claude Goasguen a finalement quelque chose à gauche : l’arme. Le député « Les Républicains » du 16e arrondissement parisien s’est éteint jeudi des suites du Covid-19 à l’hôpital d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), où il était entré le 24 mars. À 75 ans, il avait derrière lui une longue carrière politique : ce Toulonnais d’origine bretonne, monté adolescent à Paris, est issu de la filière d’extrême droite de la faculté de droit de Paris, dénommée Panthéon-­Assas. Alors partisan de l’Algérie française, soutien du candidat d’extrême droite Jean-Louis Tixier-Vignancour à l’élection présidentielle de 1965, il fut ensuite membre du groupuscule néofasciste Ordre nouveau, dont il a rédigé une partie du manifeste.

Hostile à un centre pour SDF dans le 16e arrondissement de Paris

Comme d’autres personnalités issues de groupuscules d’extrême droite, il poursuivra alors sa carrière politique en se « normalisant » au sein des partis de la droite traditionnelle : Centre des démocrates sociaux, UDF, Démocratie libérale puis l’UMP en 2002, séduit par Nicolas Sarkozy. Éphémère ministre, mais député sans discontinuer depuis 1993, il était un pilier de la droite parisienne, s’en prenant régulièrement et avec virulence aux majorités de gauche, Bertrand Delanoë et Anne Hidalgo en tête. En 2016, il avait attisé les braises lors d’une réunion d’information qui avait tourné au pugilat contre la création d’un centre pour SDF dans « son » arrondissement, dont il a été maire de 2008 à 2017. L’adjoint communiste au logement Ian Brossat était d’ailleurs une de ses cibles préférées, au point de moquer la mort de son grand-père. Outrancier jusqu’au bout.

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