À Marseille, Michèle Rubirola refuse tout « chantage » après que l’ex-PS Samia Ghali a exigé le poste de première adjointe pour lui apporter son soutien dans un troisième tour incertain.@AFP
À Marseille, Michèle Rubirola refuse tout « chantage » après que l’ex-PS Samia Ghali a exigé le poste de première adjointe pour lui apporter son soutien dans un troisième tour incertain.@AFP
Vendredi, 3 Juillet, 2020

À Marseille, Michèle Rubirola refuse tout « chantage »

Très largement en tête lors du second tour, la candidate du Printemps marseillais a annoncé qu’elle ne serait « l’otage d’aucun chantage » après que l’ex-PS Samia Ghali a exigé le poste de première adjointe pour lui apporter son soutien dans un troisième tour incertain.

La liste Printemps marseillais, qui rassemble la gauche, les écologistes et des citoyens, est arrivée largement en tête au soir du second, dimanche dernier, avec 38,28 %. Mais les règles électorales sont telles dans la cité phocéenne, du fait de la loi PLM, que la confortable avance de Michèle Rubirola sur la candidate arrivée en seconde position, Martine Vassal (LR, 30,75%), ne lui confère qu’une majorité relative de 42 sièges sur 101 (contre 39 pour la droite). En vue du troisième tour de ce samedi, où doit être élu l’édile de la ville, l’ex socialiste Samia Ghali (2,89 % le 28 juin) a tenté de faire monter les enchères ce vendredi, conditionnant son soutien et celui de ses 7 colistiers élus, à une place de premier choix dans l’exécutif municipal. « J’ai demandé à Michèle Rubirola d’être sa première adjointe », a-t-elle déclaré à l’AFP en début de journée.

La réponse ne s’est pas fait attendre. « L’avenir de Marseille ne doit pas se jouer autour d’une revendication individuelle. Je ne serai l’otage d’aucun chantage, je réfute ces pratiques bien éloignées des enjeux et j’invite Samia Ghali à faire de même », a répliqué la cheffe de file du Printemps Marseillais.

La partie risque d’être serrée et la victoire pourrait être volée à la liste pourtant portée en tête par les électeurs. Car Martine Vassal s’est retirée au profit de l’ultra-droitier Guy Teissier. Ce dernier bénéficie du soutien du dissident Bruno Gilles qui compte trois conseillers, portant le total virtuel des voix de droite à 42, à égalité avec le Printemps marseillais (hors soutien de Samia Ghali). À droite, cependant, les divisions vont bon train. Dans la foulée de l’annonce de Guy Teissier, Lionel Royer-Perreaut, lui aussi LR, a fait savoir son intention de se présenter dénonçant « les ententes en cours avec le Front national ». Car le RN (ex FN) dispose, lui, de 9 élus. Stéphane Ravier, malgré son échec à être reconduit à la mairie de son secteur, s’est dans un premier temps lui aussi déclaré candidat avant d’appeler, jeudi soir, « à la formation d’un ’Pacte marseillais’ » pour battre Michèle Rubirola lors du conseil municipal d’installation.

J.H.
×