© Martin Bureau/AFP
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Nouveau protocole Covid : l’école perd le (cas) contact

Mardi 22 Septembre 2020

Les nouvelles règles applicables à l’école primaire vont avoir pour effet de réduire considérablement le nombre de cas contacts. À défaut de ralentir la contamination. De fait, selon les chiffres communiqués le 22 septembre par le ministère, c’est dans les écoles que la progression du virus était la plus forte : + 27,8 % en vingt-quatre heures, contre + 21,4 % dans les collèges et lycées. Une expansion qui se retrouve dans cette carte interactive où le mouvement des stylos rouges recense le nombre de cas et les fermetures de classe.

C’est aujourd’hui qu’entre en vigueur l’assouplissement des règles sanitaires dans les établissements scolaires, annoncé dès la fin de la semaine dernière. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le gouvernement affiche en la matière un art singulier du contre-pied. Alors que les voyants de l’épidémie de Covid-19 passent au rouge les uns après les autres, alors que, dans un nombre croissant de départements et d’agglomérations, les préfets prennent des mesures de plus en plus restrictives, dans l’éducation… on assouplit.

Par décision ministérielle...

On pourrait presque résumer la chose ainsi : par décision ministérielle, il n’y a – quasiment – plus de cas contacts dans les écoles. Le Haut-Conseil de la santé publique (HCSP) ayant en effet estimé, dans un avis rendu le 17 septembre, que le « risque de transmission (de la maladie) existe surtout d’adulte à adulte et d’adulte à enfant et rarement d’enfant à enfant ou d’enfant à adulte », le ministère de l’Éducation nationale en a déduit que les précautions sanitaires en vigueur dans le primaire suffisaient amplement à assurer la sécurité de tous. Et donc, indique-t-on rue de Grenelle, « lorsqu’un enfant sera confirmé cas positif au Covid-19 dans une classe, la classe pourra désormais continuer de se tenir normalement pour les autres élèves, qui ne sont plus considérés comme cas contacts ».

Un avis qui n'est pas unanime

« Pour les autres élèves », mais aussi pour les enseignants, puisque, explique encore le ministère, « le professeur du premier degré, parce qu’il porte un masque qui constitue une mesure de protection efficace ainsi que l’a reconnu le HCSP, n’est plus considéré comme un “cas contact” et n’est pas invité à s’isoler, s’il a côtoyé un élève non masqué positif au Covid-19 ». Il se trouve que certaines agences régionales de santé, notamment celle de Bretagne, ne semblent pas partager cet avis. Jusqu’à la semaine dernière au moins, elles faisaient en effet circuler la consigne qu’en cas d’infection d’un élève, l’enseignant était considéré comme cas contact s’il portait un masque « grand public » tel que ceux que l’éducation nationale distribue à ses employés, mais pas s’il portait un masque chirurgical.

De la confusion, encore

Bref : ce nouvel assouplissement des règles sanitaires, qui ne concerne donc que le 1er degré, vient ajouter à la confusion qui règne depuis la rentrée. Cosecrétaire nationale du SNUipp-FSU (premier syndicat du primaire), Guislaine David insiste sur le fait que les enfants puissent être faiblement contaminants ne signifie pas qu’ils ne le sont pas du tout : « C’est dans le primaire qu’il y a le plus de cas positifs à l’heure actuelle. Sept établissements fermés sur huit sont des écoles. Et alors qu’il y a trois semaines, le premier ministre déconseillait aux grands-parents d’aller chercher leurs petits-enfants à l’école, aujourd’hui on assouplit ? » La syndicaliste juge cette position « surprenante », en indiquant que « des études faites aux États-Unis, en Allemagne et dans d’autres pays montrent au contraire que la contamination se fait dans les écoles et, ensuite, dans les familles. Nos enfants ne sont-ils pas faits comme les autres ? »

Icon QuoteNos enfants ne sont-ils pas faits comme les autres ? 

Guislaine David, du SNUipp-FSU

De fait, selon les chiffres communiqués le 22 septembre par le ministère, c’est dans les écoles que la progression du virus était la plus forte : + 27,8 % en vingt-quatre heures, contre + 21,4 % dans les collèges et lycées. Le SNUipp-FSU exige donc que des mesures adéquates soient prises pour « garantir la sécurité des élèves, des personnels et des familles » avant que la situation ne devienne plus grave qu’elle l’est aujourd’hui.

Olivier Chartrain

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