Vendredi, 14 Février, 2020

À paris et en île-de-france. Les transports publics ont besoin de propositions sérieuses

Par Jacques Baudrier Conseiller PCF de Paris, administrateur d’Île-de-France Mobilités

Le projet de déménagement de la gare de l’Est est « aberrant techniquement et délirant financièrement » : nous avons proposé en tant qu’administrateurs communistes un amendement lors du conseil d’administration d’Île-de-France Mobilités du 5 février qui dit les choses sans ambiguïté. Il fallait que l’autorité organisatrice se positionne. Elle l’a fait : notre proposition a été votée à l’unanimité, toutes sensibilités politiques confondues.

Paris est une ville de plus de 2 millions d’habitants, le cœur d’une métropole de plus de 10 millions d’habitants. Ils méritent qu’on leur propose des projets sérieux, et pas n’importe quoi. Benjamin Griveaux, en faisant une proposition aberrante, a abaissé le niveau du débat.

Malheureusement, il n’est pas le seul à faire des propositions farfelues. Quelques jours plus tard, Cédric Villani a affirmé dans son programme que les lignes de métro non automatisées circulaient au mieux avec un intervalle de 170 secondes à l’heure de pointe. Tout cela pour justifier des projets d’automatisation qui diviseraient soi-disant par deux le temps de transport sur ces lignes.

C’est également n’importe quoi. Toutes les principales lignes ont des intervalles à l’heure de pointe bien inférieurs à 170 secondes : 95 secondes pour la ligne 13, 100 secondes pour la ligne 3, 105 secondes pour les lignes 7 et 11, 110 secondes pour les lignes 5, 6 et 9… L’automatisation de la ligne 13 que propose Cédric Villani est un projet déjà lancé par Île-de-France Mobilités. Il ne pourra être mis en service au mieux qu’en 2030, du fait de considérations techniques. Et il ne fera gagner au mieux que 10 % de capacité et en aucun cas 30 %.

On ne peut dire que Cédric Villani est incompétent en calcul. Mais il est sûrement incompétent en matière de transports publics à Paris et en Île-de-France. Pourquoi a-t-il donc voté le budget 2020 de l’État qui se défausse complètement de ses engagements pour les transports publics dans notre région ? Pourquoi soutient-il un gouvernement qui a retardé le calendrier du Grand Paris Express, et en particulier des lignes 15 est et 15 ouest, indispensables pour désaturer la ligne 13 ? Leur calendrier de mise en service a été repoussé à 2030, et c’est une catastrophe pour les usagers de la ligne 13, dont sont responsables et Benjamin Griveaux et Cédric Villani, soutiens d’Emmanuel Macron.

On attend par ailleurs toujours les propositions de Rachida Dati pour les transports publics. C’est un grand classique pour la droite à Paris, mais ce n’est pas sérieux non plus.

On ne retrouvera également aucune proposition forte et réaliste dans le programme de David Belliard en matière de transports publics. Relancer le projet de tramway des gares qui date de 2005 ne correspond pas aux priorités pour les transports à Paris et en Île-de-France. Ce projet de tramway ne pourra jamais être une priorité pour les prochains contrats de plan État-région à l’échelle de l’Île-de-France, tous les spécialistes le savent. La priorité pour la construction de lignes de tramway est à la périphérie de Paris, et surtout en banlieue. Ce tramway est destiné à rester pour longtemps un tramway fantôme, et il n’est pas non plus sérieux d’en faire une priorité.

Le projet de Paris en Commun est de loin le plus sérieux en termes de politique de déplacements. Il porte une forte priorité sur le vélo, avec une ville 100 % vélo et des pistes aménagées sur tous les grands axes. C’est indispensable car le nombre de déplacements à vélo à Paris dans la région doit très fortement augmenter, d’au moins 1 million de déplacements par jour rien qu’à Paris. Et ce sera le cas avec le programme très ambitieux pour les aménagements et le stationnement vélo que porte Anne Hidalgo. Un programme tout à fait en phase avec les propositions portées par les associations de cyclistes, qui font un travail formidable.

Mais le programme de Paris en Commun porte également la priorité aux transports publics. Avec la gratuité des transports publics pour tous les moins de 18 ans. Avec l’avancée de projets déjà portés, inscrits au contrat de plan État-région, comme le prolongement du T3 à la porte Dauphine, les prolongements en banlieue des lignes 4, 10, 11, 12 et 14, avec le Grand Paris Express.

Les communistes, partenaires de Paris en Commun, sont fiers de ce programme, ambitieux et réaliste. Nous avons joué un rôle majeur dans l’émergence du Grand Paris Express, avec le projet Orbival porté par le Val-de-Marne et en particulier par Christian Favier. Le Grand Paris Express comme le Réseau express régional Vélo, le RER V porté par le Collectif vélo Île-de-France, doivent être achevés le plus vite possible.

Aujourd’hui, pour des déplacements de qualité pour toutes et tous, pour le climat, pour la qualité de l’air, pour la santé publique, il faut aussi prévoir les investissements à l’échelle des enjeux. C’est ce que nous faisons avec Paris en Commun dans le cadre de cette campagne municipale.

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