Jeudi, 19 Mars, 2020

Prison. Faute de parloir, les détenus doivent avoir accès au téléphone

Plus de 70 000 prisonniers s’entassent dans les prisons françaises, où l’arrivée du Covid-19 révèle des conditions sanitaires délétères.

« M ême si des maisons d’arrêt ont connu quelques incidents ces derniers jours à la suite d’une mauvaise communication, dans l’ensemble, les prisonniers et leurs proches ont une attitude citoyenne et acceptent de bonne grâce la suspension des parloirs, que le personnel pénitentiaire réclamait depuis plusieurs semaines », explique François Bès, de l’Observatoire international des prisons (OIP). Une mesure de bon sens alors qu’un homme de 74 ans, emprisonné à Fresnes, est mort avant-hier après avoir contracté le Covid-19.

« Des mesures immédiates »

En revanche, l’épidémie a des conséquences dramatiques sur la surpopulation carcérale : pour libérer des cellules individuelles ou confiner les détenus potentiellement atteints par le virus, on entasse jusqu’à quatre personnes dans des cellules de 9 m2. C’est pourquoi Adeline Hazan, la contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL), demande à la ministre de la Justice « des mesures immédiates et concrètes pour la protection de la population pénale en situation de risque sanitaire élevé ». La CGLPL propose, comme l’OIP, de privilégier les mesures alternatives à l’enfermement pour les courtes peines, de suspendre les comparutions immédiates et de libérer pour raisons médicales les détenus âgés afin de réduire le plus possible le nombre de personnes incarcérées.

Par ailleurs, le fait de ne plus avoir de visiteur, pas même leurs avocats, crée des tensions et des inquiétudes chez les détenus. « Contrairement à ce qu’a l’air de penser la ministre, le téléphone légal est loin d’être une réalité dans toutes les cellules, et il coûte très cher en prison, ce qui devient inabordable quand les détenus n’ont plus de revenus car les ateliers où ils travaillent sont fermés », souligne François Bès, qui réclame la gratuité du téléphone pendant la période de la crise sanitaire et une tolérance accrue pour ceux qui détiennent des téléphones portables. Indispensables pour qu’ils gardent un lien vital avec l’extérieur.

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