Quand le diable se cache dans les détails

Jeudi 13 Février 2020

 L’INSEE a publié hier une note d’information titrée: «Des évolutions du niveau de vie contrastées  au moment du départ à la retraite». D’un côté, cette note  nous dit qu’en moyenne « les personnes  ayant liquidé leur retraite en 2013 ont un niveau de vie plus bas en 2016, trois ans après leur  départ en retraite, que celui qu’elle avaient en 2010, trois an avant leur départ». La baisse serait de -6,9% pour les femmes et de - 9,1% pour les hommes.

D’un autre côté,  l’Institut affirme que pour les gens partis en retraite en 2013 « le niveau de vie moyen  des personnes  appartenant aux 10% les plus modestes en 2010 augmente  de 69% entre 2010 et 2016, tandis que celui des 10% les plus aisés baisse de 27% ». Présenté de cette manière, on pourrait croire  que les plus riches paient pour les plus pauvres durant les années qui suivent leur départ en retraite.

Mais le diable se cache parfois dans les détails que l’INSEE n’aide guère  à comprendre via cette  seule  phrase ainsi  rédigée: «la liquidation des droits à la retraite conduit en particulier à augmenter le niveau de vie moyen des personnes qui ont connu des situations difficiles en fin de carrière sur le marché du travail».

Dit autrement, dans un pays ou le taux d’emploi des gens de 50 à 64 ans n’est que de 65% contre  88%  pour les 25 à 49 ans , passer de l’état  de chômeur de longue durée ou de salarié à temps partiel à celui de retraité, avec une pension de base calculée à partir des cotisations des  25 meilleures années de sa carrière, permet d’être moins pauvre en retraite que durant les dernières années de sa vie professionnelle.

Ce jeudi matin, cette réalité avait échappé aux commentateurs  zélés  de quelques radios et  télés, toujours prompts  à défendre la politique du gouvernement et sa réforme des retraites par points.

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