Adrien Sartre (au centre).
Adrien Sartre (au centre).

Rassemblement de la gauche : « On ne peut pas attendre 2027 ou 2032 que le camp se soit reconstruit »

Mardi 22 Septembre 2020

Né après le confinement, le mouvement Résilience commune rassemble une partie de la jeunesse militante de gauche qui pousse pour une candidature commune à la présidentielle. Entretien avec Adrien Sartre, l’un de ses coordinateurs.

Quel objectif poursuit Résilience commune ?

Adrien Sartre Nous sommes un collectif qui rassemble les organisations politiques de jeunesse de gauche et écologistes avec des militants insoumis, communistes, écologistes, socialistes, de Génération.s et de la Gauche républicaine et socialiste. Résilience commune est un lieu de parole où nous travaillons à la constitution d’un programme en rupture avec le libéralisme, porté par une stratégie : une candidature commune pour l’élection présidentielle de 2022. Nous prenons de l’avance sur les partis pour dépasser les stratégies internes. Nous sommes un réseau constitué prêt à faire campagne pour porter des idées communes. Il y a des convergences possibles sur 80 % des sujets.

Lesquels ?

Adrien Sartre Tous les partis de gauche souhaitent une écologie populaire qui porte la question sociale. Ils veulent aussi un renouvellement démocratique avec une refonte des institutions, et défendent la justice sociale et le féminisme. Même là où il y a des divergences (Europe, vision de la République…), des positions communes peuvent être trouvées. Ce n’est pas blanc ou noir. La réalité des équilibres politiques européens est qu’il y a une multitude de positions entre l’euroscepticisme et l’Europe libérale : négocier, ne pas payer les sanctions, le lobbying pour faire évoluer les traités…

Pourquoi les jeunes arrivent-ils à se parler alors que les partis ont plus de mal ?

Adrien Sartre C’est une question d’ego, de passif entre les organisations. Il y a aussi quelque chose de générationnel : nous sentons de manière viscérale qu’il y a des effondrements majeurs à venir. Cette compréhension de l’urgence fait que nous comprenons mieux l’union et le dépassement des clivages traditionnels. On ne peut pas attendre 2027 ou 2032 que le camp se soit reconstruit. Il faut des victoires maintenant.

L’union n’est-ce pas faire une croix sur le contenu d’un projet au profit du compromis ?

Adrien Sartre C’est une question de point d’équilibre et de centre de gravité. Il y a une vraie politique de rupture avec la Macronie qui peut être portée. Il faut un changement de paradigme. Résilience commune est un mouvement progressiste, écologiste, féministe, résolument de gauche qui souhaite une rupture nette avec le libéralisme.

Selon un sondage Ifop, 71 % des sympathisants de gauche souhaitent une candidature unique. Qu’est-ce que ce chiffre vous inspire ?

Adrien Sartre Cela démontre qu’on peut trouver des points de convergence. Ce sont 71 % des gens qui pensent qu’un programme commun à gauche est possible. La gauche est dans un tel niveau d’éclatement, avec une multiplication des partis, qu’il faut une convergence et une candidature commune pour construire une démarche large, pour ramener à elle les mouvements sociaux, les gilets jaunes, Nous toutes, Justice pour Adama…

Comment entendez-vous peser auprès des partis ?

Adrien Sartre Nous engageons une discussion quand on les voit. Plusieurs personnes de Résilience commune siègent dans les conseils nationaux de leur parti, et ils ont donc des liens avec les chefs. La jeunesse représente aussi les générations à venir. On ne peut pas imaginer une campagne présidentielle sans jeunesse mobilisée sur le terrain. Ils l’ont bien à l’esprit car ils en ont besoin pour des raisons pratiques, mais aussi pour une question de message. La jeunesse est un atout pour se faire entendre. On leur fait part quotidiennement de nos craintes, de cette urgence qui nous habite de trouver une candidature commune. Et on ne va pas les lâcher !

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