Lundi, 25 Mai, 2020

Spectacles. À la maison, dans le fauteuil de velours rouge

Les salles ne rouvriront pas au public avant plusieurs semaines. Pour l’heure, poursuivons notre exploration des découvertes qui continuent sur la toile avec théâtre, opéra, lectures, expositions.

Sans l’image. Le T2G-théâtre de Gennevilliers, centre dramatique national dans les Hauts-de-Seine, propose une multitudes de sons enregistrés. C’est l’occasion de découvrir « Parenthèse sonore #3 » création du compositeur Dominique Petitgand. Tout autant particulière est la captation sonore de la pièce de Martin Crimp mise en scène par Daniel Jeanneteau, Le reste vous le connaissez par le cinéma. Ce texte, inspiré des Phéniciennes, d’Euripide, et dont le titre fait référence à Œudipe roi, de Pasolini, n’avait jusque là pas été monté en France. Après je festival d’Avignon en juillet dernier (voir notre article), Le reste… était parti était parti en tournée, via Gennevilliers, où le chœur était joliment composé de comédiennes amateures. « C’est l’histoire de l’humanité, chaotique, violente dans sa tentative de faire communauté », résumait alors l’Humanité, en soulignant toutes les qualités de ce pari.

Le centre national du costume de scène (CNCS), basé à Moulins, annonce, lui, sa réouverture et le prolongement de son exposition sur « Les couturiers de la danse » jusqu’à fin novembre. Le CNCS invite aussi à une visite virtuelle de son exposition permanente consacrée à « l’icone de la danse » que fut Rudolf Noureev, notamment directeur du Ballet de l’opéra de Paris de 1983 à 1989. Toujours sous le label des expositions, présentes sur la toile, le musée des Beaux-Arts de Rouen, un des plus importants dans les régions, propose de découvrir une partie de ses collections, les œuvres étant accompagnées de fiches techniques bien détaillées.

Chez Molière, la comédie continue... encore !

Au théâtre, « La comédie continue ! », chaîne web éphémère lancée le 30 mars par la Comédie-Française, voit le nombre de ses fidèles progresser quotidiennement (120 000 spectateurs comptabilisés pour les 24 premiers jours). Après huit semaines de diffusion quotidienne, « La Comédie continue ! » devient « La comédie continue, encore », réduit la voilure et propose une « causerie quotidienne » à 19 heures avec un membre de la troupe. Le théâtre est réservé aux samedis et dimanches, avec, chaque fois, deux lever de rideau, à 14 heures et 20 h 30. Le 30 mai ce sera Hernani, de Victor Hugo, mis en scène par Nicolas Lormeau ; puis la Serva amorosa, de Goldoni, dans une mise en scène de Jacques Lassalle. Le dimanche viendra le temps de J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne, de Jean-Luc Lagarce, mis en scène par Chloé Dabert puis, en soirée et sur France 5, place au Système Ribadier, de Feydeau, dans la mise en scène de Zabou Breitman.

Un voyage dans l'histoire de la musique

Le théatre parisien les Bouffes du Nord a mis en ligne une pièce enregistrée en 1981, la Cerisaie, d’Anton Tchekhov, mise en scène par Peter Brook et avec Michel Piccoli (rôle de Léonid). Le TnBA (Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine) a choisi, avec sa directrice Catherine Marnas, de proposer une myriade de courtes vidéos dans lesquelles chaque intervenant s’exprime sur la période. Ainsi Aurélie Van Den Daele, metteure en scène et directrice artistique du Deug Doen Group, qui affirme : « Depuis (le début et l’arrêt brutal des spectacles) on avance, mais à l’arrêt. » Dans un autre sillon, le Nouveau Théâtre de Montreuil invite à découvrir un spectacle de Mathieu Bauer, créé en 2017, qui invite les participants « à naviguer dans l’histoire de la musique et des sons ».

Et des sons, justement, l’opéra de Lille, qui a coproduit ce spectacle avec l’Opéra comique de Paris, en propose à son tour, avec la vidéo de la création en France, en décembre 2017, de l’œuvre de Violeta Cruz (née en 1986 en Bolivie), la Princesse légère, accessible au jeune public. Le livret est de Gilles Rico, d’après le conte de George MacDonald, avec mise en scène de Jos Houben et Emily Wilson. Et pour boucler ce 10e tour d’horizon confiné, le théâtre Vidy de Lausanne met en ligne une émoustillante parodie créée en septembre dernier, un « Concours européen de la chanson philosophique ».

 

×