« Festival, quand mon village résiste » un film de Tom Graffin, l'histoire d'une petite bourgade normande, Saint-Laurent-de-Cuves, devenue un incontournable de la scène musicale française grâce à la solidarité de ses habitants. © Nolita TV / FTV
« Festival, quand mon village résiste » un film de Tom Graffin, l'histoire d'une petite bourgade normande, Saint-Laurent-de-Cuves, devenue un incontournable de la scène musicale française grâce à la solidarité de ses habitants. © Nolita TV / FTV
Mercredi, 13 Mai, 2020

Télévision. Papillons de nuit, un grand festival musical mitonné par tout un village

Depuis vingt ans, le village de Saint-Laurent-de-Cuves en Normandie organise ce rendez-vous désormais classé parmi les dix plus grandes manifestations musicales de l’Hexagone. Originalité : il est associatif.

Il était une fois un petit village blotti dans sa paisible Normandie rurale, au nom étonnant de Saint-Laurent-de-Cuves (Manche). Depuis longtemps, sa population rôde autour de 480 habitants, mais, une fois l’an, et pour trois jours, il multiplie ce nombre par 150, soit environ 70 000 personnes. Depuis une vingtaine d’années, le festival musical Papillons de nuit, P2N si l’on préfère, attire sous ses projecteurs cette foule, généralement jeune, pour un rendez-vous musical à la fois bon enfant et de haut niveau, avec des têtes d’affiche que l’on peut croiser aux Vieilles Charrues et autres Francofolies. Et, comme l’ensemble de ces festivals, P2N restera à l’ombre cette année, pour cause de crise sanitaire.

Les vingt ans de la manifestation seront donc célébrées en retard, en mai prochain. Mais avec autant de passion. Car, ainsi que le montre ce documentaire de Tom Graffin, la particularité de ce rendez-vous est avant tout populaire et collective. De fête champêtre devenue un des dix plus grands festivals musicaux français, P2N comme à ses débuts, est toujours organisé par un groupe de bénévoles, de tous les âges. Stromae, David Guetta, Sting ou Orelsan, pour ne citer qu’eux, y sont venus. La liste est longue. Et les artistes apprécient le style local. Ainsi que le dit, par exemple, Juliette Armanet, « c’est un lieu gigantesque, avec une organisation fantastique, mais on ne soupçonne pas tout le travail qu’il y a derrière, et c’est ça qui est très réussi ».

Le festival a tout redynamisé dans le village

L’idée de ce festival est partie de deux constats : pour assister à un concert, il fallait aller à Rennes ou à Caen, c’est-à-dire dans les deux cas plus d’une heure de voiture. D’autre part, le village se dépeuplait. Alors ce ressort a tout redynamisé. Et tout le monde a trouvé là le moyen de participer à ce renouveau. En citoyen, tout simplement, et d’une façon naturelle. Les organisateurs n’appartiennent pas à une société de diffusion de spectacles, mais à des associations locales. Et ça change beaucoup de choses. « On n’a plus rien dans nos villages, si on ne fait pas bouger les choses », résume Sandrine, la souriante patronne du petit café.

♦ Festival, quand mon village résiste, le jeudi 14 mai à 23h00 sur France 3.

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