Lundi, 25 Mai, 2020

Théâtre. Roméo et Juliette s’aiment en dépit des mafieux

France 5 propose la pièce de William Shakespeare jouée en octobre 2016 par la troupe de la Comédie-Française, dans une mise en scène d’Éric Ruf. Une belle réussite. 

Dans la famille Montaigu, le charmant Roméo est amoureux de la belle Juliette, née Capulet. « Deux familles égales en dignité, dans la belle Vérone où nous plaçons la scène », commente en prologue Bakary Sangaré, l’un de treize comédiens de la troupe de la Comédie-Française, présents sur le plateau de la salle Richelieu, avec six jeunes acteurs et musiciens de l’Académie maison.

La mise en scène est signée Éric Ruf, et les costumes, parfaits, Christian Lacroix. La représentation a été filmée en octobre 2016. France 5 l’a proposée ce dimanche soir, dans le cadre des programmes regroupés sous le label de « Au théâtre chez soi », qui permet avec plaisir de découvrir quelques spectacles de référence en période de pandémie.

Amours tragiques et pulsions ordinaires

Ainsi ce Roméo et Juliette publié par Shakespeare en 1597 et qui a depuis été adapté de multiples fois à la scène, mais aussi au cinéma, sur les scènes d’opéra, de comédies musicales… L’aventure s’inspire d’un conte italien attribué à Luigi da Porto et d’une version en prose de William Painter, les deux puisant dans les histoires d’amours tragiques explorées dans l’Antiquité. Là encore, les deux jeunes amants seront unis dans la mort.

Sur la scène du Français, dans un décor dépouillé et soulignant l’usure du temps comme celle des vieilles familles, la tragédie implacable déroule son fil. Dans une limpidité que l’on n’a pas toujours connue, les sentiments des uns et des autres résonnant comme des pulsions ordinaires, dissimulant une vieille haine dont plus personne ne sait en vérité les raisons.

Des chants napolitains dans la maison de Molière

Cette pièce, qui n’avait pas été jouée dans la maison de Molière depuis 1954, commence ici par une fête endiablée qui résonne de chansons populaires napolitaines dans lesquelles Serge Bagdassarian est autant à l’aise qu’un membre de la mafia dans un village sicilien.

Cela dit avec raison, puisque Éric Ruf, qui depuis peu avait endossé le costume d’administrateur général de la Comédie-Française, a choisi d’inscrire l’action en cette époque et quelque part en zone louche. Et la machine fonctionne à merveille, l’amour ne triomphant toujours pas des haines imbéciles.

En replay sur le site de France.tv jusqu’au 24 août.
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